Aurélie

Aurélie Mouchoux, 30 ans, est en couple et maman d’une petite fille de 16 mois. Et son métier c’est consultante en image personnelle et en communication non verbale.

> Parlez-moi de votre activité

Mon travail consiste à accompagner les personnes qui souhaitent travailler sur leur image. C’est important d’avoir une bonne image de soi.

Je vais d’abord commencer par un entretien personnalisé qui dure environ 3 à 4 heures. Cet entretien va me permettre de comprendre pourquoi la personne vient me voir, quels sont ses besoins et de définir ses objectifs. Après on part sur un travail à plus ou moins long terme, en fonction des objectifs qui ont été fixés. Cela passe par différents modules, comme la couleur, le maquillage, la coiffure, le style vestimentaire, l’analyse de la morphologie, le tri de garde-robe, l’accompagnement shopping…

« Le but est vraiment d’être bien avec soi-même et de révéler sa richesse intérieure. »

 

C’est vraiment important pour moi de trouver une cohérence entre qui l’on est et ce que l’on veut révéler de soi aux autres, quelle image on souhaite dégager et pourquoi. Ce sont des réponses que l’on va trouver au fur et à mesure du travail avec le client.

Le but est vraiment d’être bien avec soi-même et de révéler sa richesse intérieure. C’est vraiment ça qui m’importe. Que l’image soit vraiment en cohérence avec qui l’on est. Et puis ça aide à développer la confiance en soi, à augmenter l’estime de soi, et à mieux se connaître aussi. Je dis souvent à mes clients qu’il faut apprendre à se définir soi-même avant que les autres ne le fassent. Parce qu’à partir du moment où on s’est défini soi-même, qu’on ose et qu’on sait pourquoi on est comme ceci ou comme cela, les autres n’ont plus rien à dire, ils n’ont plus le choix.

 

> Avez-vous une anecdote intéressante, vécue dans votre activité, à nous raconter ?

Il y a eu ce monsieur qui était venu me voir. Il était célibataire et souhaitait trouver l’amour. D’ailleurs il m’avait dit : « je voudrais avoir quelqu’un ». Il voulait « avoir » quelqu’un dans sa vie.

Et puis on a travaillé sur son image. Ses objectifs principaux étaient d’être plus masculin, plus mûr, mais aussi de paraître plus jeune. On a donc travaillé là-dessus, de manière à ce qu’il renvoie cette image-là. On a beaucoup travaillé aussi sur sa posture corporelle, qui n’était pas en adéquation avec ce qu’il voulait être. On a donc travaillé sur sa posture de manière à ce qu’il se tienne plus droit, qu’il regarde dans les yeux, et qu’il sourit aussi.

C’est important le sourire. Il y a beaucoup de gens qui oublie de sourire, car ce n’est pas forcément naturel. Moi je sais que je souris assez facilement. Le sourire est important parce que ça engage tout de suite une certaine confiance et c’est alors beaucoup plus facile d’établir une conversation. Quand il y a le sourire, on a plus envie d’aller vers l’autre.

« Mais vous voulez être avec quelqu’un ou avoir quelqu’un ? »

 

Et puis c’était important pour lui « d’avoir » quelqu’un. J’ai fini par lui demander : « mais vous voulez être avec quelqu’un ou avoir quelqu’un ? ». Ce qui est très différent. Il a eu un moment de questionnement et m’a répondu : « oui c’est ça je veux être avec quelqu’un ». Ce n’était pas avoir quelqu’un pour posséder, mais vivre avec quelqu’un. Il voulait partager des choses. Du coup j’étais contente d’avoir pu ajouter mon petit grain de sel pour lui faire prendre conscience de ça. C’était un très bel accompagnement. D’ailleurs il m’envoie tous les ans un petit mot pour la nouvelle année.

Autre anecdote. J’ai fait une fois un atelier maquillage dans le cadre d’un enterrement de vie de jeune fille. Les amies de la mariée lui avaient offert l’atelier. Je commence le cours. Je leur montre différentes techniques, les associations de couleurs, etc.

« Elle se questionnait en se demandant si elle avait bien choisi sa maquilleuse pour son mariage. »

 

Puis je vois la future mariée qui était hyper contente de ce que je lui proposais. Mais pourtant je voyais qu’elle était un peu dans le doute. En fin de compte elle m’a dit : « je suis déçu parce que la maquilleuse que j’ai choisi ne m’a jamais montré tout ça ». Elle se questionnait en se demandant si elle avait bien choisi sa maquilleuse pour son mariage. C’était trop tard, elle l’avait déjà engagée. Et puis de toute façon je n’étais pas là pour prendre la place de quelqu’un d’autre.

Même les témoins s’exclamaient : « c’est super bien ce que vous nous montrez, ça lui va vraiment bien ! ». C’était dommage peut-être pour elle, bien que j’ai confiance en mes collègues et que je suis sûre qu’elle était très belle le jour de son mariage, mais sur le coup ça m’a réconforté. Je me suis dit : « bon, c’est bien, c’est que je suis aussi bonne qu’une autre professionnelle, et puis si elle dit ça c’est que je travaille bien, que ce que je propose est chouette ». Ça m’a mis du baume au cœur, et redonné confiance aussi.

 

 

> Comment en êtes-vous arrivé là ? Quel a été votre parcours ?

Je n’ai pas un parcours classique. Après la 3e, je me suis orientée vers une école de mode où j’ai passé un BEP. J’avais toujours été attirée par les vêtements et la mode. J’avais d’ailleurs une fois assisté à un défilé de Marithé et François Girbaud, une marque de haute couture. C’était un univers qui me faisait envie.

Je me suis donc lancé là-dedans. Sauf qu’en fin de compte j’ai assez vite réalisé qu’en fait ce n’était pas du tout ce je voulais, parce qu’il me manquait le côté humain. Alors oui le côté artistique était sympa, mais la mode est un milieu assez particulier quand même. Il n’y a pas ce côté humain, ça reste très superficiel et cela ne me plaisait pas.

« Dans la mode, il n’y a pas ce côté humain, ça reste très superficiel et cela ne me plaisait pas. »

 

J’ai quand même fini mon cursus tout en sachant que je ne resterai pas dans ce domaine, car j’aime bien aller au bout des choses.

Et je me suis ensuite réorientée vers le médical. J’ai passé un bac science médico-sociale, obtenu le concours d’aide-soignante, fait l’école d’aide-soignante et j’ai enfin été diplômée. J’ai alors travaillé dans une clinique. Mais en fait, au bout d’un an, je me suis rendu compte que je m’épuisais vraiment beaucoup dans ce travail, et que cela ne me correspondait toujours pas.

« Aide-soignante, j’allais vraiment au travail à reculons, avec le mal au ventre, je n’étais pas à l’aise. »

 

Alors oui il y avait le côté humain pour le coup, mais moi j’avais un peu l’impression de m’oublier et qu’il manquait ce côté artistique, esthétique, que j’avais trouvé auparavant dans la mode. J’allais vraiment au travail à reculons, avec le mal au ventre, je n’étais pas à l’aise. Et en plus, moi qui aime bien être apprêtée, porter des bijoux, me maquiller, me parfumer… C’est mon truc : le matin je me lève je suis bien parce que j’ai pris soin de moi. C’est ce qui fait que je vais passer une bonne journée. Et donc là, en tant qu’aide-soignante, quand on travaille à l’hôpital, on n’a pas le droit à tout ça : pas de parfum, pas de maquillage, pas de faux ongles, pas de vernis à ongle. Je n’étais plus moi.

« J’ai alors tout arrêté. »

Donc plusieurs éléments me faisaient dire que ce n’était pas non plus dans cette voie qu’il fallait que je continue. J’avais alors 22-23 ans, donc il était encore temps de faire quelque chose. Je n’étais pas engagée, je n’avais pas d’enfant… J’ai alors tout arrêté.

J’avais déjà ma petite idée sur le conseil en image, avant même qu’il y ai des émissions là-dessus. Ça a cheminé dans ma tête. Je suis parti un mois à l’étranger. J’ai appris l’anglais. Je ne suis pas devenue complètement bilingue, mais bon j’ai appris pas mal de chose. Cela m’a permis de faire le point et de prendre un nouveau départ.

Quand je suis rentrée, j’ai suivi une formation de réorientation professionnelle. Comme j’avais déjà eu deux parcours, je n’avais pas trop envie de me planter une troisième fois. Je voulais être vraiment sure que ce choix-là serait le bon. Dans cette formation, j’ai pu faire un bilan de mes compétences, savoir où j’en étais, ce que j’aimais, ce que je n’aimais pas, ce que je voulais, ce que je ne voulais plus. J’ai eu l’occasion de faire des stages dans les différents domaines qui m’intéressaient. Cela m’a permis de comparer le conseil en image, le voyage, et l’évènementiel. Des choses qui naturellement m’inspiraient et me faisaient envie.

 

« Et finalement ce fut le conseil en image. »

 

Et finalement ce fut le conseil en image. Je me suis retrouvée là-dedans, j’étais à l’aise. Je me suis alors inscrite à l’IDRI, Institut De Relooking International à Paris, et j’en suis ressorti diplômée. Puis j’ai suivie une formation de coaching pour apprendre à mieux accompagner mes clients. J’ai finalisé mon projet par une courte formation sur entrepreneuriat, et puis je me suis mise à mon compte. Et voilà.

 

> Quels obstacles avez-vous dû surmonter pour en arriver là aujourd’hui ?

Jusqu’à ce que je m’installe à mon compte, je n’avais pas de doute. Du moment où j’ai pris la décision de faire ce métier-là, je n’ai jamais eu aucun regret d’avoir quitté mon métier d’aide-soignante. C’était pourtant un métier stable, où l’on est sûr d’avoir du boulot partout dans le monde. Mais je n’ai pas regretté car c’était devenu presque un poids pour moi. C’est très lourd comme métier. Franchement je félicite celles qui le font aujourd’hui, mais ce n’était pas ma vocation.

« Jusqu’à ce que je m’installe à mon compte, je n’avais pas de doute. »

 

Quand j’ai pris la décision de devenir conseillère en image, je me suis inscrite à l’école, j’ai suivi la formation, je me suis mise à mon compte. Jusque là je n’ai pas eu de doute. Mais ce fut après.

OK on se lance, mais il faut se faire connaître, il faut aller démarcher. On se déplace, on nous reçoit plus ou moins, on passe des coups de fil, et puis parfois on se prend des claques dans la figure parce qu’il y a des refus. Parfois même des refus assez violents. Quand on nous dit que ce qu’on fait ne sert à rien, que si une personne est bien avec elle-même elle n’a pas besoin de prendre soin de son image ni d’y réfléchir. Bref, je suis tombée sur des gens qui n’étaient pas du tout sur la même longueur d’onde que moi, et je l’ai très mal vécu.

« Parfois on se prend des claques dans la figure parce qu’il y a des refus. »

 

Ce fut comme si j’avais trébuché et que je n’arrivais pas à me relever. J’étais restée sur le fait que c’était peut-être nul ce que je faisais, et qu’il n’y avait peut-être pas de besoin finalement. J’ai eu beaucoup de mal à repartir à la conquête de futurs partenaires et prescripteurs. J’ai donc fait appel à une coach en développement d’activité, et elle m’a remis un peu sur les rails. Maintenant ça ne me fait plus peur de me prendre un « non » dans la figure. Mais ça a été compliqué.

Il y a aussi le fait qu’à la fin du mois on n’est pas sûr d’avoir ce qu’il faut pour vivre. Chez moi c’est une angoisse qui est omniprésente. Pour le moment je touche le chômage, car j’étais salariée avant. Je compte sur cette période là pour pouvoir développer mon activité. En espérant que je puisse avoir les fruits de mon travail, et que ça prenne le relais sur Pole Emploi. Mais c’est très long. C’est long parce qu’il faut se faire connaître, il faut que les gens acceptent de me recommander à quelqu’un. Il faut que les personnes qui ont besoin de moi soient prêtes. Car il y a une différence entre « j’ai envie » et « je passe à l’action ». Parfois il faut attendre six mois à un an avant que le client ne prenne sa décision de faire appel à une coach en image.

« Beaucoup de personnes ont du mal à investir sur elles-mêmes. »

 

 

J’ai remarqué aussi qu’il y a beaucoup de personnes qui ont du mal à investir sur elles-mêmes. Elles vont acheter des sacs, des vêtements, qui au final vont rester dans des placards. Elles vont dépenser des centaines d’Euros. Mais à partir du moment où elles se disent « tiens je voudrais travailler sur moi », là il faut investir un peu. Et ça devient plus compliqué.

Il faut donc que je me fasse connaître, mais aussi que j’explique comment je travaille. Car il n’est pas toujours évident pour les gens de comprendre ma manière de travailler. Car mes collègues qui vont travailler sur l’image ne font peut-être pas un travail aussi approfondi. Moi j’essaie vraiment d’aller chercher le pourquoi et d’y mettre du sens. Pourquoi est-ce qu’aujourd’hui ce que vous êtes ne vous convient pas, quelles sont les raisons ? J’aime bien savoir le pourquoi du comment. C’est pour ça que je dis souvent « donner un sens à son image ».

Pour moi ce n’est pas juste on est à la mode et voilà. Non, il faut que cela corresponde à la personne et il faut qu’il y ait une raison. Le temps que les gens comprennent ça, il se passe du temps (rires) : « il faut que je réfléchisse, je ne sais pas trop, c’est une petite somme quand même ». Tout ça dépend des priorités qu’on a dans notre vie. Mais je ne désespère pas. (rires)

 

> Avez-vous une clé, une recette personnelle, pour surmonter les difficultés ?

Je pleure un bon coup (rires). Car je suis très émotive. Mais c’est une richesse aussi parce que j’ai une certaine sensibilité, que tout le monde n’a pas. Je suis émotive et cela me permet aussi de cerner un peu mieux les gens, de mieux comprendre ce qu’ils peuvent ressentir.

« Je pleure un bon coup, et puis après ça repart. »

 

Quand j’ai un refus…je pleure un bon coup, et puis ça repart. C’est comme une soupape.

Je me dit que de toute façon je n’ai pas fait tout ça pour arrêter maintenant. OK ça ne s’est pas bien passé, mais c’est que je ne devais pas travailler avec cette personne là. Je me dis qu’il y a mieux qui m’attend.

Dernièrement j’avais rencontré un coiffeur, avec le projet d’intervenir dans son salon pour faire découvrir à sa clientèle ce que je faisais. C’était gratuit, je proposais vraiment de la découverte. Lui-même avait proposé un partenariat, donc ça devait se faire. Et puis finalement une personne de son entourage l’a influencé, et finalement ça ne s’est pas fait. Cette fois-ci je n’ai pas pleuré, parce que j’apprends quand même au fur et à mesure à gérer tout ça. Je sais ce que je vaux et je sais ce que je peux lui apporter, donc c’est dommage pour lui. Mais ça veut dire qu’il y a quelqu’un d’autre ailleurs qui a besoin de moi. J’essaie de me dire ça. C’est aussi ça être cheffe d’entreprise finalement, apprendre à gérer les déconvenues.

Et puis je prie aussi, ça m’aide : « aidez-moi là-haut, faites quelque chose, donnez moi le courage de continuer et la force d’y arriver ».

 

 

« C’est aussi ça être cheffe d’entreprise finalement, apprendre à gérer les déconvenues. »

 

> Parlez-moi d’une expérience qui vous a marquée dans votre vie

Quand on a déménagé et que j’ai eu ma fille, je me posais la question de reprendre un travail salarié. Un travail qui n’aurait pas forcément été dans mon domaine. Parce qu’il n’y a pas de recrutement de conseillères en image, tu ne peux qu’être à ton compte. J’avais donc ce choix : soit je reprenais un boulot « alimentaire », soit je me remettais à mon compte et je recommençais l’aventure.

« J’avais donc ce choix : soit je reprenais un boulot « alimentaire », soit je me remettais à mon compte et je recommençais l’aventure. »

 

Au départ je me suis dit qu’il fallait qu’il y ait de l’argent à rentrer, donc j’étais partie pour postuler à un travail salarié, sans enthousiasme.
A cause de ce sujet, ce questionnement est survenue une discussion avec mon conjoint, une sorte de mise au point. C’est en fait l’élément déclencheur qui a fait que j’ai pris ma décision.
Je n’ai pas pu correctement m’exprimer à ce moment là, j’étais sous le coup de la colère et de l’émotion. Après mûre réflexion, j’ai pu réaliser et lui confier que j’étais actuellement en train de faire une croix sur le métier que je voulais faire. Et que c’était quand même pas rien, de faire une croix sur sa passion.
Cet échange nous a fait réfléchir sur le fait qu’on a qu’une vie et qu’elle peut s’arrêter du jour au lendemain et que si j’ai envie de réaliser ce rêve, c’est maintenant.
Il a pris conscience qu’effectivement j’avais le droit aussi de réaliser ce pourquoi je suis faite. Et que c’était peut-être le moment ou jamais.
Finalement, les « petites prises de bec » ont du bon lol…et peuvent être constructive. Ça été le cas ici.

 

> Parlez-moi de ce qui vous motive, de ce qui vous passionne dans la vie

Ce qui me passionne c’est faire en sorte que les gens soient biens. Qu’ils se trouvent beaux. Que quand ils se regardent dans le miroir ils se disent : « ah oui, je suis jolie, je suis belle, ça me va bien ». Quand je vois ça je suis fière de moi, parce que le but est d’arriver à ça, à ce que le reflet dans le miroir soit positif.

Et quand j’entends, comme par exemple tout à l’heure, ma cliente qui me dit : « ah ouais, c’est super ce maquillage, je trouve ça très chouette ! », je me dis que c’est cool. Malgré qu’elle avait déjà des connaissances en maquillage, j’ai quand même réussi à lui apporter un truc en plus qui fait qu’elle était très satisfaite.

« Ce qui me motive, c’est quand à la fin d’un travail d’accompagnement, je vois que la personne sourit. »

 

Ce qui me motive, c’est quand à la fin d’un travail d’accompagnement, je vois que la personne sourit. Car au départ elle ne sourit pas forcément. Elle sourit quand elle voit dans le miroir ce qu’elle est devenue, avec un nouveau style. Et du coup c’est grâce à moi. C’est aussi grâce à elle aussi évidemment parce que le travail se fait à deux. Mais je suis alors fière de moi. Ça me fait plaisir de les voir biens. C’est un effet miroir qui est partagé.

 

> Quelle sont vos occupations favorites en dehors de votre activité ?

Quand je travaille, je n’ai pas l’impression de travailler. Je peux faire une demi-heure ou une heure de plus, je m’en fous complètement parce que j’adore ça. Donc en fait c’est vraiment ma première passion.

« Mon travail est vraiment ma première passion. »

 

Avant, j’adorais faire du shopping pour moi. Maintenant j’aime moins : il y a du monde, c’est la consommation, il faut chaud. Pourtant avec mes clients j’aime bien, mais parce que je les accompagne et que c’est donc un autre contexte.

Maintenant je fonctionne différemment, et quand j’y vais c’est toute seule, c’est du temps pour moi. Cela me permet aussi de me libérer, de me faire plaisir. Il ne sert à rien de dépenser des quantités d’argent. Maintenant quand j’achète c’est vraiment réfléchi et ce n’est pas démesuré.

J’aime bien aussi aller me balader à la mer, même en hiver, j’adore ça. J’aime bien les balades en hiver parce que ça fait vraiment un bol d’air. Respirer l’air iodé ça creuse, ça donne faim, et c’est une bonne fatigue. Et puis j’aime manger une crêpe juste après. C’est mon petit plaisir de l’hiver, plage et crêpe.

« C’est mon petit plaisir de l’hiver, plage et crêpe. »

 

Sortir danser : La musique et le rythme des pas: J’adore !! J’aime particulièrement les rythmes exotiques comme la kizomba ou le batchata. Quand je suis sur la piste de danse avec un bon cavalier, c’est un peu comme au travail : il n’y a rien d’autre qui existe…

Et puis je dessine aussi, mais des maison. J’invente des maison, des plans. J’ai toujours fait ça, je ne sais pas pourquoi. Je pense que c’est un moyen d’imaginer une maison de rêve que j’aurais pu avoir. J’aime bien pouvoir organiser l’intérieur, que ce soit pratique et agréable à vivre. Architecte d’intérieur dans une autre vie peut-être (rires). J’aime la déco, créer de l’harmonie et que ça sorte un peu de l’ordinaire. J’aime suivre les tendances, mais toujours avec ma touche personnelle.

 

> Que feriez-vous dans la vie si vous n’aviez aucune contrainte d’argent ?

J’ouvrirais une agence de conseil en image, ayant pignon sur rue. Et je formerais d’autres conseillère en image à ma façon à moi de travailler. Pour pourvoir accueillir plus de monde et avoir une plus grande visibilité. Et je créerais des événements autour de ça. Donc en fait je continuerais mon activité actuelle.

La 2e chose que je ferais serait de voyager beaucoup.

« En fait je continuerais mon activité actuelle. »

 

> Quelles sont les qualités que vous préférez chez une personne ?

Je dirais la générosité. C’est important d’être généreux. Pas forcément d’un point de vue matériel, je parle vraiment en terme de temps, d’attention. Pour moi c’est important, et j’essaie à mon niveau du mieux que je peux. J’essaie de faire attention aux gens, de prendre de leurs nouvelles, de prendre du temps pour eux, d’aller les voir si ça ne va pas.

« C’est important d’être généreux, en terme de temps, d’attention. »

 

Ma meilleure amie habite sur Paris. Si demain elle m’appelle et que ça ne vas pas, je suis capable de prendre le TGV pour aller la voir. Du coup j’attends ça aussi des autres. Bien que je ne le fasse pas dans l’attente d’avoir quelque chose en retour, simplement pour moi c’est un fonctionnement qui est logique en fait.

 

 

> Qu’est-ce que vous détestez par-dessus tout chez une personne ?

Le mensonge et la mauvaise foi. Ne pas assumer ce qu’on est, ce qu’on a dit ou ce qu’on a pu faire, et tourner les choses à son avantage.

« Je ne supporte pas la mauvaise foi. »

T’as fait une connerie, OK c’est pas grave, on passe à autre chose. Mais ne dis pas que ça ne s’est pas passé comme ça. Je ne supporte pas la mauvaise foi.

 

> Avez-vous des modèles, quels sont vos héros dans la vie réelle ?

Ma mère, déjà. Parce qu’elle n’a jamais rien lâché non plus. Elle a eu des moments très difficiles mais elle m’a toujours encouragé. Elle a toujours été un peu la béquille qui était là pour me soutenir. J’essaie de m’inspirer d’elle au mieux. Quand j’ai des moments de doute, ou quand je ne sais pas exactement quoi faire, ou que je me dis que je ne vais jamais y arriver, je l’appelle et elle me rebooste. Elle est un peu comme un Doliprane, elle fait passer la douleur.

« Ma mère est un peu comme un Doliprane, elle fait passer la douleur. »

 

Autrement j’aime bien m’inspirer de Céline Dion, dont je suis une grande fan. Je trouve que c’est une femme très forte. Alors il y en a qui se moque un peu d’elle, de son attitude, de ce qu’elle pouvait être avec son mari…

Mais elle a une carrière de fou. On ne se rend pas compte du travail qu’il y a eu derrière, mais il y a certainement eu aussi des moments de doute, de fatigue, de découragement. C’est quand même pas rien, elle a créé un empire. Je trouve ça extraordinaire. En plus je trouve qu’elle est restée humble. Elle est toujours très accessible. Je ne l’ai jamais rencontré, mais quand je l’entends en interview elle est très simple, et pas hautaine parce qu’elle a des millions et qu’elle a réussit. Je l’admire beaucoup. Et puis après le décès de son mari, je trouve qu’elle est restée très forte. Je l’ai vu en interview, elle n’avait pas envie de pleurer devant les caméras. Elle se tenait droite et elle avait ce mouvement de la main comme pour chasser les larmes et qui disait « j’efface, je me concentre et on y va, on continue ». Et ça ça m’inspire beaucoup.

« Comme Céline Dion, parfois quand j’ai envie de pleurer, je prends une respiration et je me dis « aller on y va, on continue ». »

 

Alors parfois quand j’ai envie de pleurer, c’est ce que je fais. J’essaie de me mettre dans sa peau, je prends une respiration et je me dis « aller on y va, on continue ». Et puis c’est une belle femme. J’aime bien son style. Un peu moins maintenant, mais elle avait un style un peu américain, toujours chic et élégant, sexy mais sans être vulgaire. Maintenant elle ose des choses un peu plus extravagantes. Mais elle ose au moins, c’est bien.

 

 

> Si vous pouviez avoir un don, un pouvoir surnaturel, que choisiriez-vous ?

Je trouve qu’il y a trop de gens qui souffrent, pour un tas de raisons. J’y suis très sensible, j’évite de regarder les infos, de lire des livres ou de regarder des films qui parlent de guerre, de violences. Ce sont des choses que je ne gère pas du tout. Rien que d’en parler ça m’émeut, je ne sais pas pourquoi. Pour moi on n’est pas sur Terre pour souffrir. Alors oui il y a des choses qui ne se passent pas comme on veut, d’accord. Mais de là à être dans la maltraitance, dans le massacre… Je ne comprends pas ça.

« Si je le pouvais, je toucherais le cœur des gens pour effacer la douleur, pour les protéger, pour soulager la souffrance. »

 

Donc si je le pouvais, je toucherais le cœur des gens pour effacer la douleur, pour les protéger, pour soulager la souffrance. J’essaie à mon niveau de faire ce que je peux pour les gens autour de moi, ou même avec les clients que j’accompagne. Pouvoir apporter un peu de bonheur…

 

> Auriez-vous un exemple avec un client ?

Je participait à une animation dans un centre commercial où j’offrais des tests de couleur aux clients. Une dame est venu faire le test. A un moment donné, avec une couleur une émotion est ressorti : ça l’a fait pleurer. Je n’ai pas pu rentrer dans son histoire parce que le contexte ne s’y prêtait pas, mais j’ai bien compris que c’était comme si la couleur la faisait exister. J’avais compris qu’elle n’avait pas l’habitude de porter de la couleur, qu’elle était un peu en retrait, qu’elle n’osait pas forcément se mettre en avant, et que de toute façon dans sa vie elle avait toujours été rabaissée.

« Avec une couleur une émotion est ressorti : ça l’a fait pleurer. C’était comme si la couleur la faisait exister. »

 

Et là le fait d’avoir une couleur sur elle, ça l’a fait comme réapparaître. Comme si elle était plus vivante. On la voyait, elle existait. Et il y a eu beaucoup d’émotion. J’étais contente d’être là pour pouvoir lui expliquer ça, et la réconforter en lui disant « oui, vous existez, vous êtes là ! ».

Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui souffrent et qui ne disent rien. Ils font mine que tout va bien et ils sourient. Il y a beaucoup de courage dans cette attitude, mais beaucoup de souffrance derrière aussi.

 

> Quelle est votre définition du bonheur ?

Je pense que c’est un mélange de beaucoup de choses. Déjà c’est d’être bien avec soi-même, et donc forcément mieux avec les autres. Que le conflit n’existe pas. Ça c’est une grande partie du bonheur. C’est un peu utopique, parce qu’il y a toujours des confits à un moment donné.

« C’est d’être bien avec soi-même, et donc forcément mieux avec les autres. »

 

Et puis beaucoup d’amour aussi. Beaucoup d’amour et de partage. Je parlais de générosité toute à l’heure, ça en fait aussi partie. Donner du temps, de l’attention, c’est de l’amour aussi.

Et puis un peu d’argent ça aide aussi. Parce qu’avec de l’argent on peut faire beaucoup de choses. Ça aide à concrétiser des projets. Si j’avais plus d’argent je ferais en sorte que ma famille soit à l’abri du besoin, et je voyagerais.

 

> Quel est pour vous le sens de la vie ?

Je pense que chacun y met un sens différent. Tout le monde a sa propre définition. Selon moi on vient sur Terre pour apprendre des choses qu’on a pas eu le temps ou qu’on a pas su apprendre dans nos vies antérieures. On a toujours quelque chose à apprendre. Je suis là dans ma vie présente et j’ai certaines choses à apprendre. Et puis peut-être que dans une autre vie j’aurais d’autres choses à apprendre et ainsi de suite.

« Selon moi on vient sur Terre pour apprendre des choses qu’on a pas eu le temps ou qu’on a pas su apprendre dans nos vies antérieures. »

 

Je sais que ma mission de vie, c’est ce que je fais actuellement. C’est l’aide aux autres mais avec un côté artistique.

Lors d’une séance de numérologie, par rapport à ma date de naissance, c’est le chiffre 6 qui ressort pour ma mission de vie. Et le 6 c’est l’aide aux autres. Donc je suis en plein dedans. C’est pour ça aussi que je me dis qu’il ne faut pas que je désespère, qu’à un moment donné je vais pouvoir vivre de mon activité parce que je suis sur le bon chemin. Il n’y a pas de raison, cela doit se mettre en place.

> Quand on est sur son chemin il faut pouvoir durer pour réussir

Exactement, mais ce n’est pas toujours évident parce que l’argent manque parfois. Et on est alors obligé de revoir sa copie, de faire différemment. Parce qu’il y a les factures à payer, qu’il faut qu’on mange…

Et puis il faut avoir de la patience aussi. Mais ça m’épuise de fournir autant d’effort et de ne pas avoir encore de résultat. Il faut prendre contact, se rendre à des rendez-vous, se faire connaître… Des fois on s’épuise. On se dit que si on était dans un travail de bureau, avec des horaires fixes, avec la paie à la fin du mois… Il n’y aurait pas tout ce stress derrière. Alors c’est sûr qu’il n’y a pas toute cette passion, tout ce pourquoi on est sur Terre. A court terme ce serait bien, mais au long terme je suis persuadée que je regretterais toute ma vie de ne pas avoir continué.

« Je sais que puisque c’est ma mission de vie, il faut que je reste sur ce chemin. »

 

Mon chemin, c’est l’aide à l’autre, avec ce côté artistique. Je sais que puisque c’est ma mission de vie, il faut que je reste sur ce chemin. Parce que ça va aboutir, ça va payer à un moment donné c’est sûr, j’en suis persuadée.

 

> Si la réincarnation existe, en quoi aimeriez-vous être réincarné ?

Pourquoi pas en Céline Dion (rires). Je pense que j’aimerais bien être une grande dame en tout cas, être connue de tous pour avoir de l’influence et diffuser du positif. Comme Céline Dion quelque part. Elle a un certain pouvoir parce qu’elle est célèbre. Elle a assez d’influence pour faire passer un message. Je sais qu’elle s’est beaucoup investi dans des associations humanitaires, elle s’est notamment rendue en Afrique auprès d’enfants malades. C’est quelque chose que je peux faire à mon petit niveau, mais pas avec la même influence.

« Être connue de tous pour avoir de l’influence et diffuser du positif. »

 

> Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire ?

« Bravo » (rires). « Tu as bien travaillé. Tu ne t’en es pas trop mal sorti, ma foi, malgré les doutes. Tu as trouvé ton chemin de vie toute seule. Bienvenue. »

Il y a moments où il a forcément aidé. Et puis il a peut-être des complices. Il faut être attentif aux signes de la vie. Pour moi c’est lui qui agit et essaie de nous faire comprendre comment il faut faire. Mais franchement parfois ce n’est pas clair. Je préférerais qu’il me dise clairement quel est le mode d’emploi, ce serait plus simple. Mais bon, ça ne marche pas comme ça.

« Bravo, tu as réussi à déchiffrer les signes que je t’ai envoyés. »

 

Il pourrait donc me dire : « bravo, tu as réussi à déchiffrer les signes que je t’ai envoyés. »

Et puis qu’il me dise que j’ai appris des choses, que j’ai beaucoup évolué. Même si c’est sans doute un processus normal que d’évoluer dans sa vie. Mais parfois il m’arrive de me dire que la vie ne sert à rien, que je n’ai pas de but, bref je vois tout en négatif. Puis je prends du recul et je réfléchis à tout ce que j’ai déjà fait. Et alors je me dis : « quand même ce n’est pas trop mal, je m’en sors plutôt bien ! ». Même si ce n’est pas encore fini, car j’ai encore plein de chose à accomplir, à apprendre et à faire. Mais je me dis que ce n’est déjà pas trop mal.

 

Remerciements

Je souhaite remercier infiniment mon homme, mon amour, sans quoi rien ne serais possible. Merci de croire en moi et de me laisser la possibilité, la liberté de déployer mes ailes.
Merci à ma mère de m’avoir toujours encourager. Merci à ma fille, qui me donne du courage.
Et Merci à toux ceux qui croient en moi.
Merci à toi Stéphane, qui m’offre la possibilité de m’exprimer et d’être vu de tous.


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Le site web d’Aurélie: https://www.aurestyleconseil.fr


Alors, à qui le tour ?